TITRE Pluto — Tome 2
ISBN / EAN 9782505002109
AUTEUR (Dessin & Scénario) Naoki Urasawa
SCÉNARISTE COLLABORATEUR Takashi Nagasaki
D’APRÈS L’UNIVERS DE Osamu Tezuka (Astro Boy / Tetsuwan Atom)
TRADUCTEUR Thibaud Desbief
ÉDITEUR Kana (groupe Dargaud-Lombard)
COLLECTION Big Kana
DATE DE PARUTION (VF) 19 février 2010
FORMAT Poche 12,7 x 18 cm — Noir et blanc — 192 pages
TITRE ORIGINAL プルートウ (Pluto), tome 2 — Shôgakukan
PRÉPUBLICATION VO Big Comic Original
NOTE ÉDITORIALE
Pluto est une réécriture en huit tomes d’un arc fondateur du manga Astro Boy d’Osamu Tezuka — “Le robot le plus fort du monde” — par Naoki Urasawa et le scénariste Takashi Nagasaki, avec l’accord de la succession Tezuka. Publiée en VF par Kana dans la collection Big Kana, traduite par Thibaud Desbief (tomes 1 à 7), traducteur attitré des œuvres d’Urasawa en France. Chaque tome comporte une postface de Fusanosuke Natsume.
Série complète en 8 tomes. Adaptation animée Netflix disponible depuis 2023 (studio Satelight).
PERSONNAGES PRINCIPAUX
Gesicht — Robot-inspecteur d’Europol, l’un des sept robots les plus puissants au monde. Vétéran de la guerre d’Asie centrale, il enquête sur les meurtres de ses anciens compagnons — tout en sachant qu’il figure lui-même sur la liste des cibles. Figure centrale de la série : un être artificiel confronté à ses propres émotions et à la question de ce qui le distingue d’un humain.
Astro (Atom) — Le robot du Docteur Tenma, ici l’un des sept robots visés par le tueur mystérieux. Dans la réécriture d’Urasawa, il n’est plus le héros triomphant de Tezuka, mais un personnage vulnérable pris dans une histoire qui le dépasse.
Pluto est une œuvre de transformation.
Naoki Urasawa n’adapte pas Astro Boy — il le réinvente depuis l’intérieur. Il conserve les noms, les personnages, la géographie émotionnelle du manga de Tezuka, et il y installe sa propre grammaire narrative : l’enquête lente, les temporalités croisées, les silences chargés, les visages qui en disent plus que les dialogues. Le résultat est une œuvre qui peut se lire sans rien connaître de l’original, et qui prend un relief supplémentaire pour ceux qui le connaissent.
Ce deuxième tome est celui de la consolidation. Les fondations posées dans le premier volume — le monde, l’enquête, les enjeux — laissent place à une narration plus complexe. Gesicht avance, mais chaque réponse ouvre de nouvelles questions. Les victimes ne sont pas choisies au hasard. La guerre d’Asie centrale, conflit jamais tout à fait nommé, jamais tout à fait oublié, revient dans chaque conversation comme une cicatrice collective.
Urasawa excelle à donner corps à des personnages artificiels. Ses robots ne sont pas des machines avec des émotions plaquées dessus — ils sont des êtres dont la nature hybride génère des questions que les humains du récit n’ont pas de réponse à formuler. Gesicht qui rentre chez lui retrouver sa compagne robot. Astro qui joue avec des enfants sans comprendre tout à fait ce que jouer signifie.
La force de Pluto tient aussi à sa rigueur formelle. Le dessin d’Urasawa — réaliste, précis, cinématographique — ne cède jamais à l’esbroufe. Chaque planche est construite pour servir le rythme du récit, avec une gestion des lumières et des contre-plongées qui doit autant au film noir qu’au manga classique.
Thibaud Desbief, dont la traduction de Monster a accompagné la percée d’Urasawa en France, maintient ici la même exigence : une langue fluide, invisible, qui fait oublier qu’il s’agit d’un texte traduit du japonais.

