SCÉNARISTE : Steve Niles
DESSINATEUR : Bernie Wrightson
COLORISTE : noir et blanc intégral — pas de coloriste
ENCREUR : Bernie Wrightson (encrage intégré — remastérisé pour cette édition)
TRADUCTEUR : Marc Duveau
ÉDITEUR : Komics Initiative
GROUPE ÉDITORIAL : éditeur indépendant
DATE DE PARUTION : 16 avril 2026
FORMAT : cartonné, 22 x 33 cm — format Monstrueuse (édition régulière : 18,5 x 28 cm, 240 pages, 32 €)
ISBN-EAN ÉDITION MONSTRUEUSE : 9782386030826
ISBN-EAN ÉDITION RÉGULIÈRE : 9782386030413
CONTENU VO : Dead, She Said (IDW, 2008) #1-4 ; The Ghoul (IDW, 2009-2010) #1-3 ; Doc Macabre (IDW, 2010-2011) #1-3 ; Ain’t She Sweet (récit inédit en France, exclusif à l’édition Monstrueuse) — compilés en VO sous le titre The Monstrous Collection of Steve Niles and Bernie Wrightson (IDW Publishing, 2013)
Note édition Monstrueuse : l’édition Monstrueuse (90 €) contient en supplément par rapport à l’édition régulière : le récit Ain’t She Sweet (inédit en France), une galerie d’illustrations, un entretien exclusif avec Steve Niles et la biographie de Bernie Wrightson par Marc Duveau. Format agrandi (22 x 33 cm), cartonné, tirage limité en financement participatif via Ulule avant distribution librairie.
NOTE ÉDITORIALE
Macabres est la première édition française des trois mini-séries que Steve Niles et Bernie Wrightson ont réalisées ensemble chez IDW Publishing entre 2008 et 2011, compilées en VO sous le titre The Monstrous Collection of Steve Niles and Bernie Wrightson. Komics Initiative, éditeur indépendant spécialisé dans la valorisation de travaux méconnus des grandes légendes du comics américain — avec des publications consacrées à Barry Windsor-Smith (Young Gods, Freebooters), Alan Moore (La Saga des Bojeffries) et Brian Bolland (Bolland Strips) — y ajoute une refonte éditoriale complète : remastérisation des planches pour approfondir l’encrage, lettrage intégralement retravaillé, traduction de Marc Duveau (historien des comics, auteur de Comics USA), et pour l’édition Monstrueuse, un contenu éditorial supplémentaire conséquent.
Bernie Wrightson (1948-2017) est l’une des figures centrales de l’horreur dans les comics américains depuis les années 1970. Co-créateur avec Len Wein de Swamp Thing pour DC Comics (1972) — personnage depuis réinventé par Alan Moore dans l’une des œuvres les plus influentes du médium — il s’est ensuite consacré à des projets plus personnels, dont une adaptation de Frankenstein de Mary Shelley en noir et blanc (1983, soixante-dix planches sur neuf ans de travail) qui reste son œuvre la plus ambitieuse et la plus admirée. Sa maîtrise du noir et blanc, ses hachures expressives et sa capacité à rendre la décomposition, le monstrueux et l’inquiétant avec une précision anatomique élaborée le placent dans la lignée des grands illustrateurs gothiques américains. Les séries réunies dans Macabres sont parmi ses derniers travaux en comics, réalisés quelques années avant sa mort en 2017.
Steve Niles (né en 1965) est l’auteur qui a popularisé le retour de l’horreur dans les comics américains au début des années 2000 avec 30 Jours de Nuit (Idea + Design Works, 2002), mini-série adaptée au cinéma en 2007 par David Slade. Sa rencontre avec Wrightson lors d’une convention à Dallas, alors que les deux hommes étaient presque voisins à Los Angeles, génère une amitié hebdomadaire qui débouche sur ces trois séries. Niles confie que c’est Wrightson qui a proposé la collaboration en premier — ce qui explique la tonalité légèrement différente de ces récits par rapport au reste de l’œuvre de Niles : plus humoristiques, plus proches du pulp et du film noir hollywoodien, moins sombres que 30 Jours de Nuit ou Simon Dark.
Les trois séries forment un univers cohérent et interconnecté. Dead, She Said (quatre épisodes, IDW Publishing, mai-septembre 2008) suit Paul Coogan, détective privé alcoolique de New York qui se réveille mort — ses intestins s’échappent d’une blessure mortelle — et décide néanmoins de mener l’enquête sur son propre meurtre. C’est un polar noir avec un protagoniste mort-vivant fonctionnel, dont l’humour noir et les péripéties urbaines nocturnes rappellent davantage Chandler ou Hammett que le grand-guignol traditionnel. The Ghoul (trois épisodes, novembre 2009-mars 2010) déplace l’action à Los Angeles et présente Lloyd Klimpt, détective de la police de la ville impliqué dans un mystère hollywoodien qui le force à collaborer avec la Goule — une créature monstrueuse mais bienveillante qui régule l’occulte dans la ville. Doc Macabre (trois épisodes, 2010-2011) est le plus léger des trois : Jeremy Freer, un adolescent inventeur de génie, a développé un arsenal de gadgets pour éliminer les créatures surnaturelles — fantômes, zombies — qui parasitent les maisons américaines, accompagné d’un robot assistant.
Les trois personnages — Coogan, la Goule, Doc Macabre — étaient destinés par Niles et Wrightson à se retrouver dans une grande aventure commune intitulée The Moorpark Rejects, projet qui ne put se concrétiser mais dont le dessin préparatoire est devenu la couverture de la compilation VO et de l’édition courante de Macabres. L’édition Monstrueuse ajoute Ain’t She Sweet, un quatrième récit inédit en France qui complète cet univers.
Komics Initiative a effectué pour cette édition un travail éditorial de fond sur les planches : la remastérisation approfondit l’encrage de Wrightson, corrigeant les limitations de la numérisation originale chez IDW et restituant la profondeur du noir et blanc tel que Wrightson le concevait dans ses planches originales. Le lettrage a été entièrement retravaillé pour l’édition française. La biographie de Bernie Wrightson rédigée par Marc Duveau, qui signe également la traduction, est une contribution érudite et documentée sur la carrière de l’artiste.
PERSONNAGES PRINCIPAUX
Paul Coogan (détective Coogan). Détective privé de New York, alcoolique, qui se réveille mort au début de Dead, She Said avec une plaie mortelle et ses intestins à l’air — mais qui fonctionne encore. Personnage de polar noir classique revisité dans le registre mort-vivant, Coogan continue à exercer son métier malgré son état de décomposition progressive, ce qui génère la tension comique et horrifique principale de la série. Son rapport nonchalant à sa propre mort est l’une des idées les plus réussies de Niles dans ces récits.
La Goule. Créature monstrueuse de grande taille, aspect effrayant mais intentions bienveillantes, chargée de réguler l’occulte dans le Los Angeles de The Ghoul. Sa relation de travail forcée avec le lieutenant Klimpt — un policier ordinaire projeté dans un mystère qu’il ne comprend pas — structure toute la série sur le mode du duo improbable. La Goule est le personnage visuellement le plus wrightsonien de la série : ses proportions grotesques et sa gestuelle sont dessinés avec la même précision anatomique du monstrueux qui caractérise les travaux de Wrightson depuis Swamp Thing.
Doc Macabre (Jeremy Freer). Adolescent prodige qui a développé seul un arsenal technologique anti-surnaturel. Personnage le plus léger et le plus ouvertement comique du triptyque, il représente l’héritage des films de science-fiction des années 1950 dans l’univers de ces récits — le jeune génie contre les créatures de la nuit, avec des gadgets qui dysfonctionnent au mauvais moment.
Lloyd Klimpt. Lieutenant de la police de Los Angeles, protagoniste de The Ghoul. Policier compétent mais totalement démuni face à l’occulte, sa confrontation avec le monde de la Goule est racontée du point de vue d’un homme rationnel projeté dans l’irrationnel — registre que Niles manie avec efficacité pour créer la tension entre le réel et le fantastique.

