TITRE La Grande Guerre de Charlie — Volume 1 : La Bataille de la Somme
ISBN / EAN 9791090916012
SCÉNARISTE Pat Mills
DESSINATEUR Joe Colquhoun
TRADUCTEUR Non crédité dans les sources disponibles — à vérifier sur l’exemplaire
ÉDITEUR Delirium (label Delirium 77)
DATE DE PARUTION (VF) Avril 2012
FORMAT Relié 22,5 x 30,5 cm — Noir et blanc — environ 120 pages + appareil éditorial
CONTENU VO Charley’s War — Battle (magazine IPC, Royaume-Uni), épisodes couvrant juin–août 1916 (prépublication originale : 1979)
CONTENU ÉDITORIAL Commentaires de Pat Mills (5 pages) + “La Bataille de la Somme — Le contexte de La Grande Guerre de Charlie” par Steve White (3 pages)
TITRE VO Charley’s War
NOTE ÉDITORIALE
Charley’s War est une série de bande dessinée britannique créée par le scénariste Pat Mills et le dessinateur Joe Colquhoun, publiée dans le magazine hebdomadaire Battle (IPC) à partir de 1979. Elle y fut le plus grand succès éditorial du titre, y paraissant jusqu’en 1986 pour les épisodes principaux. Régulièrement rééditée au Royaume-Uni, elle y est unanimement considérée comme l’une des meilleures bandes dessinées de guerre jamais publiées.
La série était pratiquement inconnue en France avant la publication chez Delirium. L’édition française en 8 volumes représente au total près de 900 pages.
Pat Mills est l’un des fondateurs du magazine 2000 AD (1977), référence absolue du comics britannique, et le créateur de Judge Dredd avec John Wagner. Son travail sur Charley’s War est souvent cité comme l’apogée de sa carrière scénaristique : un récit ancré dans une documentation historique rigoureuse, sans aucune glorification de la guerre, et d’une noirceur morale rare pour une série publiée dans un magazine destiné à un public jeune.
Joe Colquhoun (1920–1987) est un vétéran du comics britannique, connu notamment pour Johnny Red (Battle). Son style réaliste en noir et blanc, d’une précision documentaire impressionnante, donne à la série sa force visuelle particulière : des tranchées habitées, des visages individualisés, une horreur quotidienne rendue avec une sobriété qui en décuple l’impact.
PERSONNAGES PRINCIPAUX
Charlie Bourne — Jeune Anglais de 16 ans, originaire d’un milieu modeste, qui s’engage dans l’armée britannique en mentant sur son âge, emporté par l’élan patriotique de 1914. Ni héros ni soldat d’élite — simplement un adolescent ordinaire confronté à l’extraordinaire brutalité de la guerre industrielle. Ses lettres à sa famille, en total décalage avec la réalité des tranchées qu’il leur cache, constituent l’une des voix narratives les plus touchantes de la série.
Il faut imaginer le contexte pour mesurer ce que représente Charley’s War.
En 1979, la bande dessinée de guerre britannique est un genre codifié, populaire et souvent complaisant — des histoires de bravoure, d’héroïsme, de victoire sur l’ennemi. Battle est un magazine d’action destiné à un public d’adolescents. Pat Mills, qui en est l’un des fondateurs et vient de lancer 2000 AD et Judge Dredd, reçoit la commande d’une nouvelle série sur la Première Guerre Mondiale.
Ce qu’il en fait est une rupture radicale avec les conventions du genre.
Charley’s War ne glorifie pas la guerre. Elle la montre. Dans les moindres détails, avec une rigueur documentaire que Mills a construite sur des années de recherche : les conditions dans les tranchées, les erreurs tactiques de l’état-major britannique, la vie quotidienne des soldats, les gaz, la boue, les cadavres qui ne peuvent pas être relevés. La hiérarchie militaire n’est pas héroïque — elle est souvent incompétente, parfois criminelle. Les Allemands d’en face ne sont pas des monstres — ils sont dans la même situation que les Britanniques.
Et au centre de tout ça, Charlie. Un gamin qui a menti sur son âge, qui écrit à sa mère des lettres rassurantes en lui cachant l’horreur, et qui survit — jusqu’ici — par un mélange de chance, de bon sens et d’humanité obstinée.
Joe Colquhoun, dessinateur chevronné, apporte à ce récit un dessin noir et blanc d’une densité remarquable. Chaque planche est habitée : les tranchées ont une géographie précise, les uniformes sont justes, les visages sont individualisés. Dans un genre qui tend vers l’abstraction héroïque, il fait de chaque soldat un être particulier — ce qui rend chaque mort d’autant plus concrète.
Ce premier volume couvre les semaines précédant et suivant la Bataille de la Somme — le 1er juillet 1916, 60 000 soldats britanniques tués ou blessés en une seule journée. L’un des pires jours de l’histoire militaire moderne.

