TITRE 100 Bullets — Intégrale Volume 1
ISBN / EAN 9782365777384
SCÉNARISTE Brian Azzarello
DESSINATEUR Eduardo Risso
COLORISTE Patricia Mulvihill (principal sur cette période)
COUVERTURES Dave Johnson
TRADUCTEUR Thomas Davier
LETTRAGE VF Jérémy Manesse
ÉDITEUR Urban Comics (groupe Média-Participations / Dargaud)
COLLECTION Grand Format Urban
DATE DE PARUTION (VF) 27 septembre 2024 (réédition Grand Format — 1re édition : 28 octobre 2016, collection Vertigo Essentiels)
FORMAT Grand format relié 21,4 x 33,7 cm — Couleur — 472 pages — 45 €
CONTENU VO 100 Bullets (1999) #1–19 — Vertigo / DC Comics
NOTE ÉDITORIALE
100 Bullets est une série Vertigo scénarisée par Brian Azzarello et dessinée par Eduardo Risso, publiée mensuellement de juin 1999 à avril 2009 — soit 100 numéros en dix ans. Elle a remporté plusieurs Eisner Awards et Harvey Awards, notamment pour Meilleur Scénariste, Meilleur Dessinateur et Meilleure Série.
En France, la série a connu plusieurs vies éditoriales : une tentative avortée chez Soleil (2001), une publication en albums brochés chez Semic puis Panini Comics (2001–2009), et depuis 2016 une intégrale complète chez Urban Comics. Ce volume Grand Format, paru en 2024, est la réédition de l’intégrale 2016 dans un format augmenté qui valorise le dessin d’Eduardo Risso.
La série compte 100 numéros au total, structurés en treize recueils dans leur édition originale américaine. L’intégrale Urban Comics est prévue en 5 volumes.
Brian Azzarello est scénariste américain, connu notamment pour Hellblazer, Batman: Damned et Dark Knight III (avec Frank Miller). Eduardo Risso est un dessinateur argentin, maître du noir et blanc, dont le travail sur 100 Bullets est considéré comme le sommet de sa carrière. Les deux ont collaboré également sur Moonshine (Image Comics).
PERSONNAGES PRINCIPAUX
L’Agent Graves — Figure centrale et mystérieuse de toute la série. Homme d’âge indéfini, impassible, qui approche des inconnus pour leur remettre une mallette contenant l’identité de leur pire ennemi, une arme et 100 munitions totalement intraçables — avec l’assurance d’une immunité absolue. Ses motivations réelles et le réseau qu’il sert ou combat ne sont révélés que progressivement sur l’ensemble de la série.
Dizzy Cordova — Jeune femme chicana, ex-délinquante, qui sort de prison pour retrouver ses proches morts. Sa rencontre avec Graves dans les premiers épisodes inaugure la dimension politique et raciale que la série développera sur toute sa durée.
Dolan — Barman sur le retour, l’une des premières “victimes” de l’offre de Graves. Son arc ouvre la série sur la question centrale : saisirait-on la chance de se venger sans conséquence ?
Il y a des séries qui commencent comme des exercices de style et finissent par révéler une architecture invisible.
100 Bullets commence apparemment simple : un homme mystérieux approche des gens ordinaires et leur offre la possibilité de se venger impunément. Chaque épisode pose la même question morale en la faisant varier — des personnages différents, des torts différents, des contextes différents. La réponse n’est jamais la même. Certains tirent. D’autres pas. Certains visent la bonne cible.
Azzarello travaille dans la tradition du roman noir américain — Elmore Leonard, James Ellroy, Chester Himes. Ses dialogues sont denses, elliptiques, chargés de jargon et de sous-entendus. La langue de la rue, celle des bars de nuit et des parkings de banlieue. Ce n’est pas toujours confortable à lire — c’est fait pour ça.
Ce premier volume installe les fondations de tout ce qui vient après. On ne le sait pas encore à la lecture, mais chaque personnage, chaque choix, chaque mallette remise par Graves s’inscrit dans un tissu narratif qui ne se révèlera que progressivement — sur cent numéros, dix ans de publication.
Eduardo Risso est un dessinateur argentin formé à l’école du polar et du western latino-américain. Sur 100 Bullets, il développe un style graphique qui lui est propre : un usage du noir et blanc profond (même si les épisodes sont en couleur, la palette de Patricia Mulvihill est volontairement limitée et sombre), des cadrages cinématographiques, des visages creusés et expressifs. Dans ce grand format, chaque planche respire différemment — les détails de son travail d’encrage et de composition deviennent pleinement lisibles.
La réédition Grand Format Urban, avec ses 472 pages dans un volume de 33 x 21 cm, donne à 100 Bullets le traitement qu’une telle série mérite : un objet qui correspond à l’ambition de l’œuvre.

